Pound 4 pound(mini-série, 2024)
Pound 4 Pound est une mini-série sud-africaine en 13 épisodes, diffusée à partir du 29 septembre 2024 sur BET Africa, avant de faire son arrivée sur BET à l’international en février 2025 . Elle met en scène Lindiwe Mkhwanazi , avocate qui se veut directrice générale de la fédération de boxe sud-africaine en fondant une équipe de boxeuses amateurs pour représenter leur pays lors d’un championnat panafricain . Ambitieuse , passionnée et déterminée, son plus grand combat n’est pas seulement sur le ring : il est dans les coulisses, face à un univers verrouillé par les hommes. Parce qu’elle est une femme avec de grandes ambitions dans un domaine dominé par le patriarcat, elle subit mépris, condescendance et hostilité. Chaque décision qu’elle prend est scrutée, critiquée, remise en question non pas pour sa compétence, mais pour son genre et doit payer de son corps pour obtenir approbation . Elle déclenche une série de défis personnels et institutionnels, exposant une réalité trop souvent invisible : la persévérance des femmes dans un milieu dominé par les hommes .
La série tisse un récit puissant autour de thèmes forts : la résilience, l’autonomisation féminine, la souffrance, le traumatisme, la transformation personnelle, ainsi que la lutte contre le sexisme, la misogynie , les attentes sociales, et la stigmatisation . À travers un univers où les coups portés dans et hors du ring deviennent des métaphores des combats de toutes les femmes, Pound 4 Pound incarne une célébration de la solidarité féminine, la détermination face à l’adversité, la résistance aux humiliations, la force collective, du dépassement de soi, du courage de ne pas renoncer à ses convictions et sur la force qu’il faut pour se tenir debout dans une société où les hommes croient encore détenir le monopole du pouvoir.
Mais ce qui rend cette série encore plus rare dans le paysage audiovisuel africain, c’est son audace d’ouvrir une voie supplémentaire : celle du sentiment lesbien. Au-delà du combat contre le sexisme, elle ouvre aussi une porte vers une autre lutte de reconnaissance, celle de l’amour entre femmes. A travers le personnage de Noks, l’histoire aborde l’éveil lesbien avec délicatesse et maturité, et montre une Afrique du Sud où, contrairement à bien des contextes africains, l’homosexualité peut être abordée sans diabolisation
Noks
Noks est l’un des personnages les plus attachants de Pound 4 Pound, à la fois par sa jeunesse et par la force intérieure qu’elle incarne. Très tôt, elle a connu une perte déchirante : la mort de sa mère dans un accident. Cet événement douloureux a marqué toute son enfance, l’obligeant à grandir plus vite que les autres et à se construire uniquement aux côtés de son père, qui, malgré tout son amour, portait sur elle un regard protecteur parfois trop rigide.
C’est dans ce contexte qu’elle choisit de rejoindre l’équipe de Lindiwe, une décision courageuse qui montre sa détermination. Elle veut prouver qu’elle est capable de se battre pour ses rêves, même si cela signifie désobéir à son père qui s’opposait à ce choix. Sa présence dans l’équipe n’est pas seulement un acte de rébellion, mais aussi une affirmation de soi : elle refuse d’être enfermée dans les attentes des autres et veut tracer son propre chemin.
Sa personnalité se révèle encore plus grande dans sa capacité à pardonner. Le coach Tiger Nkosi, responsable de l’accident qui a coûté la vie à sa mère, aurait pu devenir une figure de haine pour elle. Mais Noks choisit au contraire de dépasser la rancune, de transformer sa douleur en force et de trouver la paix dans le pardon et invite tous ceux comme elle qui avaient perdu des proches dans cet accident . Ce geste, lourd de maturité pour une si jeune femme, témoigne de sa profondeur et de sa résilience.
Enfin, il ne faut pas oublier que Noks est la plus jeune de l’équipe. Cette jeunesse lui donne une certaine fraîcheur, une énergie parfois naïve mais toujours sincère. Elle apporte une vitalité particulière au groupe, un mélange d’innocence et de bravoure qui la rend unique parmi ses coéquipières.
À partir de 1:00 dans la vidéo, les sentiments amoureux de Noks pour sa coéquipière deviennent de plus en plus intenses, révélant clairement son homosexualité. Elle se surprend à imaginer, à chaque occasion, des moments plus intimes avec elle et se retrouve incapable de détourner ses pensées. Son désir de se rapprocher de sa coéquipière est si fort qu’elle va jusqu’à fréquenter le fils de celle-ci comme prétexte pour avoir une raison de se rendre régulièrement chez elle.
Cependant, cette attraction naissante se heurte aux attentes sociales profondément ancrées dans son environnement africain. La société, représentée dans la vidéo par une conversation entre son père et un ami, attend de Noks qu’elle suive le chemin classique : se marier et avoir des enfants. Son père, fier d’avoir élevé seul sa fille, imagine avec son ami le jour où elle trouvera un mari et fondera sa propre famille en donnant des petits enfants à son père.
Consciente de ces attentes et du poids qu’elles représentent, Noks ressent une forte pression. Elle ne veut pas décevoir le seul parent qu’elle ait et tente de se persuader qu’elle peut aimer un homme. Elle essaie même de canaliser ses sentiments en embrassant le fils de sa coéquipière. Mais malgré ses efforts, rien ne parvient à effacer l’intensité de son attirance pour sa coéquipière, ni à modifier ses véritables sentiments. Cette lutte entre désir personnel et attentes familiales met en lumière son conflit intérieur et le dilemme auquel elle est confrontée. Mais dans son fort intérieur , une chose est clair :Elle est lesbienne .
Coming out
À partir de 3:30 dans la vidéo, Noks saisit un moment particulier de conversation avec son père pour se révéler pleinement. Son père lui disait que le jour où elle aura des enfants, elle le comprendra mieux . Ce commentaire donne àNoks l’ occasion de faire son coming out. Elle dit :
« En parlant des enfants… je ne crois pas que je pourrai un jour te donner des petits-enfants, Papa… je suis… je suis lesbienne. »
Elle avait imaginé toutes sortes de réactions, mais ce qui suit la surprend profondément. Son père, calme et presque souriant, répond avec une simplicité déconcertante :
« Oui, je sais ça… Et puis quoi ? Tu as été mon enfant toute ma vie, comment ne pourrais-je pas savoir ? C’est 2024… je veux dire, il y a plusieurs manières d’amener des enfants dans ce monde. »
Ces mots, prononcés avec douceur et compréhension, remplissent Noks d’un soulagement immense. Émerveillée par l’acceptation de son père, elle ne peut s’empêcher de sourire et de lui dire, émue :
« T’es le meilleur père du monde. »
La réaction du père de Noks est profondément remarquable, car elle détonne radicalement par rapport aux réactions que connaissent la grande majorité des enfants homosexuels en Afrique. Dans 99,9 % des cas, l’annonce de l’homosexualité d’un enfant dans le contexte africain est souvent accompagnée de rejet, de déni, de délivrance ,de pression pour se « conformer » aux attentes hétérosexuelles, ou même de violence psychologique et sociale. L’idée qu’un enfant ne puisse pas offrir des petits-enfants est fréquemment perçue comme un échec familial ou une honte, et cela peut entraîner un isolement profond.
Dans cette scène, pourtant, le père de Noks répond avec une ouverture et une compréhension rares : il ne se concentre pas sur la question des enfants et des attentes sociales, mais affirme simplement l’amour qu’il porte à sa fille et sa confiance dans les différentes manières d’avoir des enfants. Sa réaction, calme et affectueuse, illustre une acceptation inconditionnelle, ce qui est extrêmement rare dans le contexte africain traditionnel, et encore plus dans le contexte d’une société où les droits LGBTQ+ sont limités.
Cette scène est donc à la fois éducative et pleine d’espoir. Elle offre une représentation positive et non dramatique de l’homosexualité, loin des clichés habituels de conflit familial ou de rejet. Cependant, il est crucial de souligner qu’elle reflète une minorité : seul l’Afrique du Sud, où l’homosexualité est légalement reconnue et protégée, permet un environnement social relativement plus tolérant, et même là, l’acceptation familiale reste un défi pour beaucoup.
Ainsi, cette scène n’est pas seulement un moment émotionnel fort dans la narration de Noks, mais elle devient également un outil pédagogique : elle montre qu’une autre façon de réagir est possible et qu’une société africaine inclusive est envisageable, même si elle reste, pour l’instant, l’exception plutôt que la norme.
Je ne suis pas lesbienne
À partir de 2:00 dans la vidéo, Noks se rend aux appartements de sa coéquipière, celle dont elle est secrètement amoureuse. Dans un moment d’impulsivité, poussée par ses sentiments, elle tente de l’embrasser sans vraiment réfléchir. La coéquipière, surprise et déconcertée, recule immédiatement, submergée par l’inattendu de la situation.
Quelques instants plus tard, elle revient vers Noks avec calme et maturité, cherchant à comprendre ce qui vient de se passer. Voyant que Noks bégaye, elle prend la parole avec calme :
« Je suis très flattée que tu me trouves attirante, mais tu dois comprendre, Noks… premièrement, je suis beaucoup plus âgée que toi, et deuxièmement… je ne suis pas lesbienne. »
Noks, très gênée : « Je suis désolée… je suis vraiment désolée… »
Sa coéquipière lui sourit légèrement, pour la rassurer, et ajoute :
« C’est ok,… c’est ok… Un jour, tu rencontreras une femme qui t’aimera. En attendant, personne ne doit savoir pour ça… ce sera notre petit secret. »
Ce moment est à la fois tendre et poignant : il montre la profondeur des sentiments de Noks, tout en mettant en évidence la maturité et la bienveillance de sa coéquipière. La scène capture parfaitement la vulnérabilité, la gêne et l’apprentissage émotionnel qui accompagnent les premières expériences amoureuses.
La réaction de la coéquipière de Noks est particulièrement remarquable et éducative, surtout dans le contexte africain. Face à l’aveu d’affection de Noks, elle ne tombe ni dans le jugement, ni dans la diabolisation, ni dans le rejet qui sont des réactions malheureusement très fréquentes lorsqu’une personne révèle son homosexualité sur le continent. Au lieu de cela, elle fait preuve d’une grande maturité et d’une bienveillance rare : elle reconnaît les sentiments de Noks, tout en établissant clairement ses propres limites, avec calme et respect. Elle rassure Noks, lui montre qu’il est normal d’aimer et qu’il est possible d’être soi-même sans provoquer de conflits ou de honte, et lui propose même de garder ce moment comme un « petit secret », ce qui permet à Noks de se sentir acceptée et protégée.
Cette attitude est rare en Afrique, où l’homosexualité est souvent stigmatisée, diabolisée ou même criminalisée, et où la plupart des révélations provoquent rejet ou ostracisme. Pourtant, cette scène offre un puissant message d’espoir : elle montre qu’il existe des façons alternatives et respectueuses de réagir face à la diversité sexuelle. Elle enseigne, de manière subtile mais claire, qu’on peut répondre à l’amour d’une personne LGBT avec compréhension et humanité, sans nécessairement partager les mêmes sentiments.
Ainsi, la scène devient non seulement un moment clé dans l’histoire de Noks, mais aussi un outil pédagogique précieux : elle démontre que l’acceptation et le respect sont possibles, et qu’une société africaine plus inclusive est envisageable, même si cela reste, pour l’instant, l’exception plutôt que la norme.
pourquoi regarder cette serie ?
Pound 4 Pound vaut le détour pour plusieurs raisons qui vont bien au-delà de la simple histoire de boxe. La série se distingue par son énergie et son intensité féministe : elle suit un groupe de femmes qui se battent pour s’imposer dans un milieu traditionnellement dominé par les hommes. Les personnages sont profondément humains, chacun ayant ses rêves, ses peurs et ses luttes personnelles, ce qui permet au spectateur de s’identifier à eux et de ressentir pleinement leurs victoires et leurs échecs.
La narration est à la fois captivante et réaliste : elle mélange action, drame et tensions sociales, en montrant les obstacles auxquels font face les femmes dans des environnements compétitifs et sexistes. La série ne se limite pas aux combats sur le ring ; elle explore aussi les coulisses, les stratégies, les alliances et les conflits, ce qui rend l’histoire plus riche et plus nuancée.
Enfin, Pound 4 Pound est un excellent exemple de production africaine contemporaine qui ose raconter des histoires locales avec qualité et sensibilité, tout en donnant une visibilité rare aux femmes fortes et ambitieuses. La série inspire, montre la persévérance et la solidarité, et rappelle que le vrai courage ne se mesure pas seulement en force physique, mais aussi en force de caractère et en résilience face à l’adversité.
En somme, c’est une série qui mélange adrénaline, émotion et réflexion sociale, et qui laisse une impression durable bien après le dernier épisode.
Où regarder Pound 4 Pound ?
- BET.com : La série est diffusée en intégralité sur le site officiel de BET. Vous pouvez y accéder à l’adresse suivante : https://www.bet.com/shows/pound-4-pound.BET
- Apple TV : Les épisodes sont également disponibles sur Apple TV, accessibles via l’application Apple TV ou le site web : https://tv.apple.com/us/show/pound-4-pound/umc.cmc.cud5qujk253nihx6rc1wkb9e.Apple TV
- YouTube : Pour un aperçu ou des extraits, la chaîne officielle de BET International propose des vidéos de la série, disponibles ici : https://www.youtube.com/playlist?list=PL17rjRXJ-D9kyiPGjaBWylicc0-AC9crd.
pourquoi regarder cette serie en tant que lesbienne congolaise ?
En regardant la série, tu peux aussi percevoir l’importance de l’acceptation et du soutien familial et social, même si dans la réalité congolaise, ces réactions sont plus rares. Cela offre une lueur d’espoir, un horizon où il est possible de se construire en tant que personne lesbienne tout en restant pleinement soi, sans se cacher. Pound 4 Pound devient alors plus qu’une série : c’est un miroir, un refuge et une source d’inspiration pour continuer à croire en la possibilité d’un espace sûr et respectueux pour ton identité.
Nous appelons les autorités congolaises à faire tout que Aimée KYEMBE soit arrêtée, car elle est entrain de détruire notre jeunesse.
Kwafwa ata mu ile ma bukonvie sorcière
Quel viens aussi essayer de tourné c’est conneries au Congo pour voir de quel bois on ce chauffe