Kasha Jacqueline
Kasha Jacqueline Nabagesera, née en 1980 en Ouganda, est une militante des droits humains et défenseuse emblématique des droits LGBT en Afrique. Elle est lesbienne et a choisi, très tôt dans sa vie, de revendiquer ouvertement son identité, dans un pays où l’homosexualité est criminalisée et violemment rejetée par la société.
Connue pour son courage et sa détermination, elle est aujourd’hui considérée comme l’une des figures les plus importantes du militantisme LGBT africain. Elle est souvent appelée la voix des lesbiennes africaines car elle a osé parler publiquement, alors que beaucoup étaient contraintes au silence par peur de la répression et des violences.
Au-delà de son orientation sexuelle, Kasha se définit comme une défenseuse des droits humains universels, convaincue que la dignité, la liberté et l’égalité doivent être garanties à chaque être humain, sans distinction.
Elle a marqué l’histoire du militantisme ougandais et africain par sa capacité à transformer sa vulnérabilité en force, et à devenir un symbole d’espoir non seulement pour les lesbiennes, mais pour toute la communauté LGBT et les défenseurs des droits humains.
Son parcours et son engagement

Kasha Jacqueline Nabagesera a grandi en Ouganda dans un contexte profondément hostile à l’homosexualité. Très jeune, elle prend conscience de sa différence et se heurte aux violences et discriminations dans son environnement scolaire et social. Ces expériences de rejet marquent le début de son désir de lutter non seulement pour elle-même, mais aussi pour toutes les personnes marginalisées.
En 2003, alors qu’elle n’a que 23 ans, elle fonde Freedom and Roam Uganda (FARUG), la première organisation spécifiquement créée et dirigée par des lesbiennes en Ouganda. À travers FARUG, elle veut offrir un espace de soutien, de solidarité et de formation aux femmes lesbiennes, bisexuelles et queer, souvent contraintes au silence et à l’invisibilité. Cette initiative est un acte fondateur : dans un pays où parler ouvertement de son homosexualité peut mener en prison, Kasha pose un geste révolutionnaire.
Son engagement ne s’arrête pas aux frontières de son pays. Elle devient une voix internationale en participant à des conférences et des panels. En 2011, elle prend la parole lors du tout premier panel des Nations unies consacré aux droits des personnes LGBT, à Genève. Ce moment est symbolique : pour la première fois, une lesbienne africaine témoigne de sa réalité devant une tribune mondiale.
Le parcours de Kasha est aussi marqué par des moments de grande douleur. Elle a perdu des proches, notamment David Kato, un autre militant LGBT ougandais, brutalement assassiné en 2011 après avoir été exposé dans la presse. Plutôt que de se taire par peur, elle choisit d’honorer sa mémoire en poursuivant le combat avec encore plus de détermination.
Elle milite sur plusieurs fronts :
- Légal : elle dénonce les lois anti-homosexualité qui punissent les relations entre personnes du même sexe de lourdes peines.
- Social : elle lutte contre la stigmatisation, les violences, et défend le droit des personnes LGBT à vivre en paix dans leur communauté.
- Médiatique : elle prend la parole publiquement, dans des pays où la presse contribue souvent à la haine, pour montrer un autre visage : celui de la dignité, de l’amour et de la résilience.
Ce parcours courageux fait d’elle une pionnière et une source d’inspiration. Kasha n’a jamais cessé de répéter que les droits des LGBT ne sont pas des droits spéciaux, mais des droits humains fondamentaux. Son engagement est donc à la fois personnel et universel : il s’agit d’un combat pour l’égalité, la justice et la liberté de chaque individu.
Son combat et Ses défis

Le combat de Kasha Jacqueline Nabagesera s’inscrit dans un contexte extrêmement hostile. En Ouganda, l’homosexualité est criminalisée depuis l’époque coloniale et reste punie par de lourdes peines de prison. De plus, les discours religieux et politiques attisent régulièrement la haine contre les personnes LGBT, allant jusqu’à appeler publiquement à leur exclusion ou à leur élimination.
Son combat
Kasha choisit de faire face à cette hostilité par un militantisme courageux et multidimensionnel :
- Lutter contre les lois discriminatoires : elle a dénoncé la tristement célèbre « loi anti-homosexualité » proposée en 2009, qui prévoyait la peine de mort pour certaines relations homosexuelles. Sa voix, avec celles d’autres militants, a contribué à une mobilisation internationale qui a fini par faire annuler la loi en 2014, même si les menaces légales persistent encore aujourd’hui.
- Visibiliser les lesbiennes africaines : avec son organisation Freedom and Roam Uganda (FARUG), elle a donné un visage et une voix aux lesbiennes dans un pays où elles étaient invisibilisées. Elle a organisé des ateliers, des campagnes de sensibilisation et créé des réseaux de solidarité pour rompre l’isolement.
- Créer des espaces sûrs : malgré les risques, elle a mis en place des initiatives où les personnes LGBT pouvaient se réunir, partager leurs expériences, se former et trouver un soutien psychologique et matériel.
- Porter la voix de l’Afrique à l’international : Kasha est devenue une porte-parole dans les instances internationales, notamment aux Nations unies, mais aussi auprès d’ONG mondiales. Elle a toujours insisté sur le fait que les LGBT africains doivent parler eux-mêmes de leur réalité, et non être représentés uniquement par des voix extérieures.
Ses défis
Le prix de cet engagement est lourd :
- Menaces de mort constantes : Kasha a souvent reçu des menaces par téléphone, par écrit et même en personne. Certaines forces politiques ou religieuses la désignent comme « ennemie de la nation » à cause de son combat.
- Harcèlement médiatique : en 2010, un journal ougandais a publié les noms, photos et adresses de militants LGBT sous le titre « Pendez-les ». Kasha figurait sur cette liste, ce qui l’a contrainte à se cacher temporairement.
- Perte d’amis proches : l’assassinat de David Kato, son collègue et ami, en 2011, a été un choc majeur. Beaucoup craignaient qu’elle soit la prochaine cible, mais au lieu d’abandonner, elle a choisi de transformer sa douleur en force pour continuer le combat.
- Isolement social et familial : revendiquer son homosexualité en Ouganda signifie souvent être rejeté par sa propre famille ou sa communauté. Kasha a dû construire une « famille choisie » parmi les militants et ses alliés.
- Risque constant d’arrestation : participer à des marches, donner des interviews ou organiser des réunions pouvait, à tout moment, mener à la prison. Elle a vécu plusieurs arrestations arbitraires et intimidations policières.
La force dans l’adversité
Ce qui rend son combat encore plus remarquable, c’est qu’elle n’a jamais cédé à la peur. Au contraire, elle a souvent répété que « si nous nous cachons, ils gagnent ». Pour elle, rendre visible la dignité des LGBT africains est une forme de résistance essentielle.
Grâce à sa ténacité, Kasha est devenue un symbole d’espoir : elle montre que même dans un environnement marqué par la haine, il est possible de résister, d’organiser la solidarité et de construire une lutte collective.
Reconnaissance internationale

Le courage et la persévérance de Kasha Jacqueline Nabagesera ont largement dépassé les frontières de l’Ouganda. Malgré le danger permanent dans lequel elle vit, son combat lui a valu une reconnaissance internationale exceptionnelle, qui a contribué à faire entendre la voix des lesbiennes africaines sur la scène mondiale.
Distinctions prestigieuses
- Prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits humains (2011) : souvent surnommé le « Nobel des droits humains », ce prix est décerné aux militants en danger. Kasha est devenue la première militante lesbienne africaine à le recevoir. Cette distinction a non seulement mis en lumière son travail, mais aussi attiré l’attention internationale sur la situation dramatique des LGBT en Ouganda.
- Prix Nuremberg des droits humains (2013) : cette ville allemande, symbole de justice après la Seconde Guerre mondiale, a reconnu en Kasha une défenseuse courageuse des droits fondamentaux.
- Elle a également été honorée par plusieurs ONG internationales, notamment Human Rights Watch, Amnesty International et Front Line Defenders, qui ont relayé son combat et contribué à sa protection.
Tribunes et interventions internationales
- En 2011, elle a marqué l’histoire en prenant la parole au premier panel des Nations unies consacré aux droits des personnes LGBT à Genève. Ce moment a été un tournant : pour la première fois, une lesbienne africaine témoignait devant les Nations unies de la violence vécue au quotidien par sa communauté.
- Elle a été invitée dans de nombreuses conférences internationales sur les droits humains en Europe, en Amérique et en Afrique, où elle a insisté sur l’importance de laisser les militants africains s’exprimer directement, plutôt que d’être représentés uniquement par des voix occidentales.
Réseau de solidarité mondiale
Sa visibilité lui a permis de tisser un réseau de solidarité :
- Des ONG internationales assurent régulièrement sa sécurité et relaient ses alertes.
- Des universités et associations féministes et LGBT l’invitent pour partager son expérience et inspirer les jeunes générations.
- Des gouvernements étrangers, alertés par ses prises de parole, ont parfois fait pression diplomatiquement sur l’Ouganda lorsque des lois homophobes menaçaient d’être votées.
Impact de cette reconnaissance
Cette reconnaissance internationale a un double effet :
- Elle protège Kasha en partie, car sa notoriété mondiale décourage certains de ses opposants d’aller jusqu’au bout de leurs menaces.
- Elle amplifie la voix des LGBT ougandais et africains, leur donnant une plateforme mondiale pour dénoncer les violences, obtenir du soutien et inspirer d’autres militants dans des contextes similaires.
Kasha Jacqueline Nabagesera est ainsi devenue une figure mondiale des droits humains, qui incarne la résilience et le courage. Son parcours prouve que, même face à une adversité extrême, la persistance dans la vérité et la justice peut mobiliser le monde entier.
Ce qu’elle incarne pour les lesbiennes congolaises ?

Kasha Jacqueline Nabagesera représente un modèle de courage et de résilience. Son combat montre qu’il est possible, même dans un contexte hostile, de revendiquer sa dignité et de créer des espaces de solidarité. Pour les lesbiennes congolaises, elle incarne :
- La force de s’affirmer, malgré la peur et le rejet.
- La conviction que les droits LGBT sont des droits humains.
- L’importance de s’unir et de s’organiser pour ne pas rester isolées.
- L’espoir qu’une voix locale peut inspirer un changement global.
Son exemple rappelle que chaque geste de visibilité et de résistance compte, et que la lutte pour l’égalité, même difficile, est porteuse d’avenir.
Va te faire foutre
Ce qui me fait rire c’est que dans toute tes publications on ne voit pas des congolais hein mais toi Aimée kyembe tu pense être là plus courageuse hein .utakufwaa bule
Wende paka Ku Uganda bashi …uku niku Kata mu bunji yakho