Alice Nkom (avocate lgbt+ally)
Alice Nkom est une avocate camerounaise née le 14 janvier 1945 à Douala. Elle a grandi dans un contexte où très peu de femmes pouvaient accéder aux études supérieures, encore moins au barreau.
En 1969, à seulement 24 ans, elle devient la première femme admise au barreau du Cameroun. Ce fut un moment historique dans son pays, car jusque-là, la profession d’avocat était dominée exclusivement par les hommes.
Son engagement ne s’est pas limité au droit classique. Très tôt, elle a choisi de défendre les plus marginalisés : d’abord les jeunes, ensuite les femmes, et finalement les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres), qui restent parmi les plus persécutées dans la société camerounaise.
Au début des années 2000, alors que la répression contre l’homosexualité s’intensifiait au Cameroun, Alice Nkom prend une décision courageuse : se spécialiser dans la défense des personnes arrêtées et condamnées simplement pour leur orientation sexuelle.
Son Combat

Au Cameroun, l’homosexualité est criminalisée par l’article 347 bis du Code pénal, qui punit toute relation entre personnes du même sexe de 6 mois à 5 ans de prison et d’amendes lourdes.
Cela a créé un climat où :
- la police pratique des arrestations arbitraires,
- des familles dénoncent leurs proches,
- les médias alimentent la stigmatisation,
- les personnes LGBT vivent dans la peur constante.
C’est dans ce contexte extrêmement hostile qu’Alice Nkom a décidé de se battre.
Défense des personnes LGBT devant les tribunaux
En 2003, elle fonde l’ADEFHO (Association pour la défense des droits des homosexuels). Son objectif est clair : offrir une protection juridique aux personnes arrêtées pour leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.
Depuis, elle a :
- Défendu de nombreux jeunes hommes et femmes arrêtés simplement parce qu’ils “avaient l’air efféminé” ou “vivaient ensemble”.
- Contesté les procès injustes, souvent sans preuves réelles, où l’accusation se base uniquement sur des soupçons ou des dénonciations.
- Dénoncé les violences policières lors des arrestations (humiliations publiques, coups, pressions pour obtenir des aveux).
Briser le silence et dénoncer publiquement
Alice Nkom n’est pas restée confinée aux tribunaux. Elle a choisi de parler publiquement dans un pays où très peu osent :
- Elle donne régulièrement des interviews aux médias camerounais et internationaux pour dénoncer l’injustice.
- Elle rappelle que les lois camerounaises vont à l’encontre de la Constitution (qui garantit la dignité humaine) et des traités internationaux ratifiés par le Cameroun.
- Elle affirme que l’homosexualité n’est pas une importation occidentale, mais une réalité africaine et humaine, enracinée dans toutes les sociétés.
Menaces et intimidations
Son combat lui a coûté cher :
- Elle a reçu de nombreuses menaces de mort.
- Certains religieux et politiciens l’ont traitée d’“ennemie de la culture africaine” ou de “traîtresse à la nation”.
- Elle a été mise sous surveillance policière à plusieurs reprises.
- Ses enfants et sa famille ont aussi été pris pour cibles de pressions.
Malgré cela, elle n’a jamais reculé. Elle affirme souvent :
« Si je me tais, qui parlera pour elles et eux ? »
Reconnaissance internationale
Le combat d’Alice Nkom ne se limite pas au Cameroun. Grâce à sa ténacité et à son courage, elle a attiré l’attention de la communauté internationale, qui reconnaît son rôle central dans la défense des droits humains pour les personnes LGBT en Afrique centrale.
Organisations internationales de défense des droits humains
- Amnesty International : Alice Nkom est régulièrement citée dans leurs rapports sur la situation des LGBT en Afrique centrale. L’organisation lui apporte un soutien moral et médiatique, dénonçant les arrestations arbitraires et les violences ciblant les homosexuels.
- Human Rights Watch : HRW collabore avec elle pour documenter les violations des droits humains et pour faire pression sur les autorités camerounaises.
- OutRight Action International et autres ONG panafricaines : elles l’invitent à des conférences et partagent ses prises de parole pour sensibiliser le monde entier.
Reconnaissance officielle et prix
- Prix des droits de l’homme de l’Ordre des avocats de Paris (2014) : ce prix souligne l’importance de son engagement dans un contexte où défendre les LGBT est dangereux.
- Invitations dans des universités et forums internationaux : Alice Nkom est régulièrement sollicitée pour témoigner devant des étudiants et des professionnels du droit, notamment en Europe et aux États-Unis.
Plaidoyer auprès d’instances internationales
- ONU (Conseil des droits de l’homme) : elle a été invitée à intervenir sur la situation des minorités sexuelles au Cameroun, pour alerter les Nations unies sur les abus légaux et policiers.
- Union africaine : elle participe à des discussions et séminaires sur la protection des droits humains et sur l’influence des lois coloniales criminalisant l’homosexualité.
Impact du soutien international
- La visibilité internationale lui donne une protection relative face aux menaces locales.
- Ses prises de parole et publications internationales mettent la pression sur le gouvernement camerounais, qui est obligé de faire attention à sa réputation à l’étranger.
- Elle sert de modèle et inspiration pour d’autres activistes LGBT africains, montrant que le combat peut avoir un écho mondial.
Saluer le courage d’Alice Nkom et réfléchir à la situation en RDC

Alice Nkom, avocate camerounaise pionnière et militante acharnée, incarne le courage et la ténacité dans la défense des droits des personnes LGBT. Dans un pays où l’homosexualité reste criminalisée, elle n’a jamais reculé devant les menaces, les pressions sociales ou les intimidations. Grâce à son engagement, elle a offert protection, soutien juridique et espoir à des milliers de personnes, tout en portant la voix des minorités sexuelles sur la scène internationale.
Son exemple montre qu’une seule personne déterminée peut faire bouger les lignes, dénoncer les injustices et inspirer des changements concrets. Sa persévérance démontre que défendre les droits humains, même dans un contexte hostile, est possible et profondément nécessaire.
En comparaison, en République démocratique du Congo, les personnes LGBT continuent de subir discriminations, violences et invisibilisation, sans qu’aucune autorité ne se lève réellement pour défendre leurs droits. Malgré les possibilités d’agir et les responsabilités qui incombent aux pouvoirs publics, personne n’ose prendre exemple sur Alice Nkom. Beaucoup justifient leur silence par la peur de conséquences politiques en affirmant que ça serait se griller politiquement ou par des intérêts personnels ( disant que c’est un fardeau lourd à porter et qu’ils n’ y sont pas prêts ), laissant les personnes LGBT dans un état de vulnérabilité totale.
Il est donc essentiel de rappeler que le courage et l’action ne sont pas des choix impossibles. L’exemple d’Alice Nkom prouve qu’il est possible de protéger des vies, défendre la justice et affirmer la dignité humaine, même lorsque les risques sont élevés. La RDC pourrait tirer des leçons de cette détermination et montrer que ses autorités peuvent également se tenir du côté des droits humains, en choisissant de protéger plutôt que d’ignorer.
Ce que les lesbiennes congolaises peuvent voir en Alice Nkom

Dans un pays voisin, le Cameroun, une femme courageuse du nom d’Alice Nkom a choisi de défendre sans relâche les droits des personnes LGBT, malgré les menaces, les pressions et les risques personnels. Alice Nkom n’est pas lesbienne, mais elle s’est levée pour protéger celles et ceux dont l’orientation sexuelle ou l’identité de genre est criminalisée ou stigmatisée.
Son exemple nous montre plusieurs choses essentielles :
- Le courage et la solidarité n’ont pas de frontière
Même si elle n’est pas de notre communauté, Alice Nkom nous enseigne que des allié·e·s existent, et que la protection des droits humains est un combat collectif. - La ténacité paie
Face à l’injustice, elle n’a jamais reculé. Malgré les intimidations et les menaces, elle continue à défendre et à protéger. Cela nous rappelle que la persévérance est un outil puissant dans la lutte pour nos droits et notre dignité. - Le droit peut être un bouclier
Grâce à ses connaissances juridiques, Alice Nkom a offert protection et espoir à de nombreuses personnes. Cela montre que documenter les injustices, connaître ses droits et chercher des allié·e·s juridiques est essentiel pour se protéger. - Visibilité et voix
Elle utilise sa voix pour faire connaître les réalités des personnes LGBT sur la scène internationale. Même si nous devons parfois rester prudentes dans nos contextes, nous pouvons témoigner, partager nos expériences et exister, pour que notre humanité soit reconnue. - L’espoir d’un changement possible
Son engagement prouve que la société peut évoluer, qu’un combat mené avec courage et constance peut inspirer le respect et créer des protections concrètes.
Alice Nkom nous montre que l’inaction n’est pas une fatalité. Même dans les situations les plus difficiles, des allié·e·s peuvent se lever, et chaque petit geste en faveur de la justice compte. Que son courage et sa ténacité soient une lumière pour nous rappeler que nos droits, notre dignité et notre existence sont légitimes, et que nous méritons protection, respect et liberté.
Maman oyo aza na kindoki noyé, tufi na bino
Le peuple congolais a besoin des gens pour faire avancer le pays . Toi tu viens avance des idées que même les chiens non pas encore appliqué. Même les animaux sont mieux que toi va mourir