Voix Lesbiennes
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Homosexualité en RD Congo: Et si être lesbienne n’ était ni un crime, ni de la sorcellerie ?

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L’homosexualité, qu’elle soit masculine ou féminine, reste très mal perçue à travers l’Afrique, et la République démocratique du Congo n’échappe pas à cette norme. Dans cet immense pays d’Afrique centrale, l’homosexualité féminine reste taboue, rejetée et criminalisée dans les mentalités. Si la loi congolaise ne criminalise pas encore directement les relations entre femmes, et encore heureux , la pression sociale, religieuse et familiale rend presque impossible toute vie lesbienne visible. l’homosexualité féminine est encore aujourd’hui l’objet de nombreuses confusions, peurs et superstitions. Parmi les stéréotypes les plus ancrés dans les mentalités figurent ceux qui associe les relations entre femmes à la sorcellerie, aux rituels occultes à la possession d’esprits mauvais ou encore à une maladie importée de l’ Occident. Une perception dangereuse qui alimente les discriminations, les violences et l’exclusion sociale que subissent les lesbiennes congolaises .On dit que les femmes lesbiennes sont « possédées », « maudites », « malades », ou qu’elles ont été « violées par un esprit« . Dans l’imaginaire collectif, aimer une femme quand on est soi-même une femme serait contre nature, diabolique, une « aberration occidentale« .

La majorité des Congolais et congolaises n’ont jamais reçu d’information neutre ou scientifique sur l’orientation sexuelle. L’absence d’éducation sur les orientations sexuelles, les discours religieux extrémistes, et la désinformation sur internet renforcent les préjugés. On insulte, on rejette, on cherche à délivrer, on frappe… sans savoir ce qu’est réellement l’homosexualité féminine.
On répète ce qu’un pasteur a crié dans un micro, ce qu’un politicien a déclaré à la télévision et sur internet, ou ce qu’un voisin colporte dans la rue. Mais très peu prennent le temps de comprendre.

Qu’est-ce qu’ un crime ?

Selon le dictionnaire Larousse, un crime est une « infraction particulièrement grave à la loi pénale, punie de peines sévères, telles que la réclusion ou la détention criminelle ».En termes simples, un crime est un acte qui porte atteinte à la vie, à l’intégrité ou à la sécurité d’autrui : enlever,maltraiter, viol , tuer . Ce sont des actions concrètes qui causent du tort et du mal irréparable à une personne ou à une société.

Mais alors, aimer une femme, est-ce cela qui menace la société ? Embrasser une femme, s’endormir dans ses bras, construire un foyer avec elle, est-ce comparable à tuer, violer ,violenter ou voler ? Non. Et pourtant, dans les regards, les murmures, les sermons et les silences étouffants, on sent ce soupçon, cette accusation informelle : « Tu es une malédiction . Une criminelle sale et contageuse. Pas avec des armes, mais avec ton amour. »

Poser la question « Être lesbienne est-ce un crime ? » revient à questionner en profondeur la logique morale et sociale qui transforme une orientation sexuelle qui rélève de l’amour , du désir , de l’ intime en objet de haine, d’ intolerance ,de répression et d’exclusion.

Être lesbienne, c’est simplement aimer une autre femme. Rien de plus. Et rien de moins. Ce n’est ni une action violente, ni une menace pour autrui. Pourtant, la société congolaise, comme dans beaucoup de sociétés africaines, ce simple fait d’exister autrement est perçu comme une transgression grave, digne d’un bannissement social, religieux, familial et même institutionnel.

Alors, pourquoi ? Pourquoi ce glissement sémantique dangereux qui fait de l’amour un crime ? Il tient à une confusion entre la norme culturelle et la loi morale. L’amour lesbien, parce qu’il ne correspond pas à la norme hétérosexuelle dominante, est ainsi perçu comme une menace. Une menace à la tradition, à la virilité des hommes, à la reproduction, à l’ordre patriarcal. Et donc, on l’associe au crime ou à la sorcellerie, sans jamais s’arrêter pour se demander : qui est réellement lésé ? qui souffre ? qui est détruit par cet amour ?

La réponse est évidente : Personne. Il n’y a aucune victime à l’existence de deux femmes qui s’aiment. Aucun danger objectif. Le seul danger réel, ce sont les violences que subissent les femmes lesbiennes à cause de l’ignorance, des discours religieux qui prônent l’ intolérance , des normes patriarcales et du silence des institutions.

Si l’on suit cette logique, alors ce n’est pas l’amour entre femmes qui constitue un crime, mais la persécution de celles qui aiment. Les coups , les humiliations publiques , les séances de delivrances ,les arrestations arbitraires, les viols dits « correctifs », les menaces, les refus d’accès au travail ,aux soins, à la justice ou au logement .voilà les véritables crimes que l’on inflige à ces pauvres femmes, au nom d’un ordre moral qui refuse de s’interroger.

Être lesbienne, ce n’est pas être coupable. Ce n’est pas commettre un acte répréhensible. Ce n’est pas porter atteinte à l’ordre public. C’est simplement revendiquer le droit d’exister pleinement, librement, dignement. Et dans un État qui se dit de droit, aucun être humain ne devrait être considéré comme criminel pour sa façon d’aimer.

L’article 7 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme affirme : « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. » La République démocratique du Congo est signataire de cette déclaration. Il est temps de passer des mots aux actes, de garantir cette protection pour toutes, y compris les femmes lesbiennes.

Alors, non, être lesbienne n’est pas un crime. Le crime, c’est d’empêcher les femmes d’être elles-mêmes. Le crime, c’est de priver des êtres humains de leur droit fondamental à l’amour, à la paix et à la dignité.

Qu’ est-ce que la sorcellerie ?

Lorsqu’on évoque l’homosexualité féminine en République démocratique du Congo, la réponse est immédiate, tranchée, presque mécanique : « C’est de la sorcellerie. » Cette phrase n’est pas simplement une opinion : c’est une condamnation. Elle plonge celle qui en est victime dans une spirale de stigmatisation, de peur et parfois de violence. Mais posons d’abord la question : qu’est-ce que la sorcellerie, au juste ?

Selon le dictionnaire Laroussela sorcellerie est une  »Pratique magique en vue d’exercer une action, généralement néfaste, sur un être humain (sort, envoûtement, possession), sur des animaux ou des plantes (maladies du bétail, mauvaises récoltes, etc.). »

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) précise également qu’il s’agit d’un ensemble de croyances et de pratiques occultes, souvent associées à l’invocation d’esprits ou de puissances invisibles pour produire des effets surnaturels.

Historiquement, la sorcellerie a été perçue différemment selon les cultures : en Afrique, et particulièrement en RDC, elle reste ancrée dans l’imaginaire collectif comme une force mystérieuse et invisible, capable de nuire à autrui ou de bouleverser l’ordre social.Dans la culture congolaise, l’accusation de sorcellerie a souvent été utilisée pour éliminer symboliquement ceux qui dérangent : les femmes trop indépendantes, les enfants « rebelles », les vieux devenus un poids, les albinos, les personnes en situation de handicap, et désormais, les personnes LGBTQIA+.

En République Démocratique du Congo, accuser quelqu’un de sorcellerie n’est jamais neutre. C’est un acte puissant, souvent dangereux, qui peut entraîner la peur, l’isolement, voire des violences physiques. La sorcellerie, dans l’imaginaire populaire, représente tout ce qui est perçu comme mystérieux, invisible, contre-nature ou déviant. On y associe le malheur, la maladie, la stérilité, la différence, la marginalité.

Dans cette grille de lecture, les femmes lesbiennes deviennent des cibles toutes désignées. Pourquoi ? Parce qu’elles dérangent l’ordre établi. Elles ne « servent » pas directement à la reproduction, elles échappent au pouvoir sexuel des hommes, elles affirment leur autonomie. Leur désir devient alors étrange, incompréhensible, et donc diabolique aux yeux de ceux qui refusent d’élargir leur vision du monde.

Ainsi, dans certaines familles, quartiers ou églises, on dira : « C’est un esprit qui la pousse vers les femmes »« Elle a été initiée dans des pratiques obscures », ou encore « Elle a vendu son âme pour avoir de l’argent ,l’intelligence ou le succès ». Ces phrases ne sont pas simplement des jugements : ce sont des armes sociales. Elles déshumanisent. Elles créent une peur irrationnelle autour de femmes qui ne demandent qu’à vivre leur vérité.

Pourtant, si l’on reprend les faits de manière rationnelle : qu’est-ce que la sorcellerie a à voir avec l’amour ? Rien. Aimer une femme n’a rien d’occulte, ni de diabolique. Il ne s’agit pas d’un pacte, d’un rite, ni d’une malédiction. Il s’agit d’une réalité humaine, affective. Il s’agit d’une orientation sexuelle reconnue par l’Organisation mondiale de la santé, qui a formellement retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales en 1992.Accuser une femme d’être sorcière parce qu’elle est lesbienne, c’est refuser de la voir comme un être humain libre, pensant et aimant. C’est remplacer le dialogue par la peur, la vérité par le mythe.

Le philosophe Frantz Fanon disait : « L’ignorance alliée à la peur est mère de toutes les violences. » C’est exactement ce qui se joue ici. Le recours à la sorcellerie comme explication à l’homosexualité féminine permet de maintenir l’ignorance et de légitimer l’exclusion. Être lesbienne, ce n’est pas relever du mystère. C’est relever du droit à la liberté d’ aimer et de vivre cet amour comme chaque personne humaine.

Etre lesbienne n’est ni un crime, ni de la sorcellerie

Aimer une femme quand on est soi-même une femme n’ est ni un crime , ni de la sorcellerie , c’ est un droit humain , une réalité vecue .Et il n’y a ni logique juridique, ni fondement spirituel, ni justification sociale valable à condamner une femme pour avoir aimé une autre femme. Non, l’homosexualité féminine n’est pas un crime inscrit dans les lois naturelles , pas plus qu’elle n’est une forme de sorcellerie mystérieuse ou dangereuse. Elle est, tout simplement, une manière d’aimer, aussi légitime, profonde et sincère que toutes les autres formes d’amour.Aimer une autre femme, c’est avant tout une question de sentiments, de connexion humaine, et d’affection. C’est une réalité intime, naturelle, qui fait partie du grand éventail des amours que nous, êtres humains, pouvons éprouver. Et comme pour tous les amours, l’homosexualité féminine n’est ni un crime, ni une sorcellerie. C’est une expression de la liberté individuelle, un choix intime, un acte d’amour entre deux femmes. Cela ne relève pas de la magie noire, ni d’une malédiction, mais de la même essence humaine que l’amour hétérosexuel.

Il est crucial de souligner que l’ignorance nourrit la peur, la haine et la violence. Et lorsque l’ignorance se mêle à des croyances erronées, comme l’idée que l’amour entre femmes serait un mal à éradiquer, cela entraîne des conséquences dramatiques. Des femmes lesbiennes sont humiliées ,rejetées par leurs familles, ostracisées par leurs communautés, persécutées et même victimes de violences physiques et psychologiques. Certaines sont poussées à vivre dans le secret, par peur des représailles, de l’exclusion, et de l’intimidation.

Mais l’amour lesbien, comme tout autre amour, mérite le respect. Il est essentiel de comprendre que l’ignorance sur l’homosexualité féminine ne fait qu’amplifier la souffrance de celles qui l’éprouvent. En refusant d’accepter cette réalité, la societé congolaise ne fait que prolonger la souffrance des femmes lesbiennes. En démonisant l’amour entre femmes, on prive ces femmes de la possibilité de vivre pleinement et librement leur identité, leur sexualité, et leurs relations amoureuses.

Il est temps d’arrêter de faire de l’homosexualité féminine une question de peur et de rejet. Ce n’est pas un crime, ni une sorcellerie, c’est simplement de l’amour. Il est urgent d’éduquer les générations futures sur la diversité des orientations sexuelles, d’encourager la tolérance et le respect, et de faire en sorte que les femmes lesbiennes, ainsi que toutes les personnes issues de la communauté LGBTQIA+, puissent vivre sans avoir à cacher qui elles sont, sans avoir à lutter contre un monde qui ne les comprend pas.

L’amour entre femmes est aussi valable que n’importe quel autre amour. Il n’est pas moins humain, pas moins précieux. Respectons-le, accueillons-le et, plus important encore, accompagnons chaque femme lesbienne dans son droit à vivre son amour en toute liberté, dignité et sécurité.

Il est temps de briser les chaînes de l’ignorance et de bâtir ensemble une société plus juste et plus inclusive pour toutes et tous. L’égalité commence par la compréhension. C’est à socièté congolaise, aujourd’hui, de l’incarner.

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6 commentaires

  1. Attends de nous distraire avec tout ça stp il est grand temps de revenir au christ!! Tu peux aussi te trouver un mari qui vas t’aimer
    Arrête de passer ton temps à aimer tes amies filles ndokiiii

  2. Tu m’énerve trop même soit maudite avec tes propre sans valeur comme ça!!! Tu fais la honte de l’Afrique sur tout du Congo!! Moi personnellement je te déteste sel lesbienne

  3. Arrête de nous distraire avec tout ça stp il est grand temps de revenir a christ!! Tu peux aussi te trouver un mari qui vas t’aimer
    Arrête de passer ton temps à aimer tes amies filles ndokiiii

  4. Nous demandons aux autorités congolaises de mettre la main sur Aimée KYEMBE pour arrêter l’hémorragie.
    C’est dangereux pour la jeunesse congolaise.

  5. Je ne comprends pas Madame Aimee Kyembe en voyant ce que vous défendez de manière si créative, ne pourriez-vous pas simplement utiliser votre cerveau pour aider à développer votre pays Hein ??? Au lieu de cela, vous poursuivez des choses futiles !!! Et les générations futures, pensez-vous que donner à votre peuple la liberté d’exposer à nos enfants de tels comportements animaliers fera avancer la RDC ? S’il vous plaît, restez loin de nous…Vous devriez être dénoncé honnêtement et penser que vous portez le nom de Katangaise est méprisable.

  6. CreatBot D600 Pro 2 Industrial 3D Printer is a advanced 3D printing device designed for professionals demanding accuracy, dependability, and flexibility in 3D printing devices. As part of the D600 lineup, it incorporates a spacious build volume, advanced dual extrusion technology, and top-tier features suitable for industrial use and varied materials.

    CreatBot D600 Series Overview
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    Consistent print speed up to 120 mm/s
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    Compatible Materials and Filaments
    Broad Filament Support

    Works with a broad spectrum of filament: PLA, ABS, PC, PETG, PVA, nylon filament, carbon-fiber, and more
    Designed for technical materials and functional prototyping
    Advanced dual extruder 3d printer enables multi-material and soluble support printing

    Uses: Prototyping & Manufacturing
    The CreatBot D600 Pro 2 and D600 Pro serve a diverse set of applications:

    Rapid prototyping and large format 3D print models
    Functional parts for automotive, aerospace, and engineering
    Tooling, jigs, and fixtures for industrial production
    Art, architecture, and creative projects requiring large industrial 3D printing

    Specs

    Models: CreatBot D600 Pro 2, D600 Pro, D600
    Build volume: 600 ? 600 ? 600 mm
    Extruders: Dual extruder, 4th generation 1.75mm dual extruders and hotends
    Max nozzle temperature: 420°C
    Bed temperature: up to 100°C
    Filament diameter: 1.75 mm
    Layer resolution: 0.05 – 0.3 mm
    Supported materials: PLA, ABS, PC, PETG, PVA, nylon, carbon fiber, engineering-grade materials
    Printing speed: up to 120 mm/s
    Enclosure: Heated, for improved material properties
    Control: Touchscreen interface
    File formats: STL, OBJ, AMF

    Comparison: D600, D600 Pro, and D600 Pro 2
    Key Differences

    D600: Entry-level industrial large scale 3d printer for basic applications
    D600 Pro: Enhanced with heated chamber, auto bed leveling, and wider material support
    D600 Pro 2 (professional version): Adds higher printing speed, improved reliability, and HS (high speed) configuration

    Other CreatBot Models

    CreatBot D1000 HS for even larger build volumes
    CreatBot 3D printer includes industrial and professional 3d printer solutions

    FAQ
    What materials can the CreatBot D600 Pro 2 print?
    The D600 Pro 2 is compatible with a wide range of filament types including PLA, ABS, PETG, PC, nylon, carbon-fiber, and other engineering-grade materials.

    What is the maximum build volume of the D600 Pro 2?
    The printing volume is 600 ? 600 ? 600 mm, supporting large-scale and industrial 3d printing needs.

    Does the D600 Pro 2 support dual extruder and high-temperature printing?
    Yes, it is equipped with dual extruder technology and reaches up to 420°C for high-temperature printing.

    Differences Between D600 Pro 2 and D600 Pro
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    Summary
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