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L’homosexualité et la Bible

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En RDC ,dans de nombreuses conversations autour de l’homosexualité, un réflexe revient souvent : sortir un verset biblique pour condamner. Certains s’en tiennent à cette phrase automatique : « Ce n’est pas biblique » ou encore « C’est contre nature ». Ces expressions sont devenues des slogans, récités comme des vérités absolues, sans réflexion, sans étude, sans même chercher à comprendre ce que vivent réellement les personnes concernées.

Mais derrière ces formules toutes faites, il y a des vies. Il y a des êtres humains. Des jeunes femmes congolaises, rejetées parce qu’elles aiment d’autres femmes. Des garçons efféminés humiliés à l’église. Des enfants battus ou chassés de leur maison parce qu’un pasteur, un politicien ou un parent a dit que “Dieu déteste ça”.

La foi chrétienne ne peut pas être utilisée comme une arme de rejet ou de violence. Car si Dieu est amour, alors toute interprétation de la Bible qui mène à la haine mérite d’être réexaminée.

Alors posons-nous une question honnête : Mais que dit réellement la Bible ? Et surtout, que ferait Jésus face à une personne homosexuelle aujourd’hui ?

Des versets sortis de leur contexte

Romains 1:26-27 (Louis Segond) :

« C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions infâmes : leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui qui est contre nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement. »

Ce passage est l’un des plus souvent cités pour condamner l’homosexualité. Pourtant, une analyse sérieuse montre que le sujet central de Paul ici n’est pas l’amour homosexuel, mais l’idolâtrie et la dégradation morale de l’époque païenne.

Contexte historique et théologique :

Paul écrit cette lettre à des chrétiens de Rome à une époque où les pratiques sexuelles idolâtres étaient fréquentes dans certains cultes païens. Les versets qui précèdent (Romains 1:18-25) parlent clairement de gens qui ont rejeté Dieu et ont adoré des idoles. En réponse à cette rébellion, Dieu les « livre » à des comportements destructeurs.

Paul ne parle pas de relations sincères, amoureuses ou fidèles entre deux personnes de même sexe, mais de comportements liés à l’excès, la luxure, la domination ou les pratiques rituelles païennes.

Analyse étymologique :

  • « Contre nature » (grec : para phusin) : cette expression ne signifie pas “contre Dieu” ou “contre la morale”, mais plutôt “inhabituel”, “hors de la norme attendue”. Paul utilise la même expression para phusin dans Romains 11:24 pour parler de Dieu qui greffe des païens sur l’arbre d’Israël, une action pourtant salutaire.

Donc « contre nature » ne veut pas dire « péché », mais en dehors de l’ordre social ou coutumier, dans un certain contexte.

Pourquoi ce verset ne condamne pas l’homosexualité :

  1. Il ne parle ni d’orientation sexuelle, ni de relations consenties et amoureuses, mais de passions désordonnées liées au rejet de Dieu.
  2. Paul n’avait pas connaissance du concept moderne d’orientation sexuelle ; pour lui, ces pratiques étaient des signes de désordre social et moral dans le monde païen, pas une réflexion sur l’identité profonde d’un individu.

Utiliser ce passage pour condamner toutes les personnes homosexuelles aujourd’hui est donc un grave contresens, un détournement du message biblique et une instrumentalisation de la foi chrétienne à des fins idéologiques.

Lévitique 18:22 :

« Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. »

Ce verset de l’Ancien Testament est également utilisé pour rejeter l’homosexualité. Mais il faut replacer ce passage dans son contexte religieux et culturel.

Contexte historique :

Le Lévitique est un livre de lois rituelles donné aux Israélites à une époque où la survie du peuple dépendait de règles très strictes sur la pureté, la reproduction, et l’identité communautaire. Il ne s’agit pas d’un code moral universel mais d’un code rituel spécifique à une époque donnée.

Beaucoup d’autres « abominations » dans ce même livre incluent :

  1. Manger du porc ou des fruits de mer (Lévitique 11),
  2. Porter un vêtement fait de deux tissus différents (Lévitique 19:19),
  3. Semer deux graines dans un même champ.

Pourtant, ces interdits ne sont plus appliqués aujourd’hui par les chrétiens, car Jésus a accompli la Loi mosaïque (Matthieu 5:17) et l’Église n’oblige plus à suivre les lois rituelles de l’Ancien Testament (voir Actes 15).

Étymologie et traduction :

Le mot « abomination » est la traduction du mot hébreu « toevah », qui désigne quelque chose de rituellement impur ou interdit, pas nécessairement un péché moral.
Par exemple, manger un animal impur est aussi une « toevah » (Deutéronome 14:3). Cela ne signifie pas que l’animal est mauvais en soi, mais qu’il est interdit selon les coutumes religieuses de l’époque.

Pourquoi Lévitique 18:22 ne condamne pas l’homosexualité moderne :

  1. Il ne parle pas d’amour, ni d’orientation, ni de relations fidèles entre deux personnes de même sexe.
  2. Il fait partie d’un ensemble de lois contextuelles et rituelles, qui ne sont plus appliquées aujourd’hui.
  3. Le mot « abomination » est rituel et non moral : le rejet de cette pratique visait à distinguer Israël des autres peuples, pas à condamner une identité.

Conclusion du point :

Ces deux passages ( Romains 1:26-27 et Lévitique 18:22 ) ne parlent pas de l’homosexualité comme on la comprend aujourd’hui, c’est-à-dire comme une orientation affective, stable et partagée entre deux adultes consentants. Les invoquer pour justifier la haine ou l’exclusion revient à manipuler la Bible, à sortir les textes de leur contexte, et à trahir le message central de l’Évangile : l’amour, la justice, la vérité.

Jésus a toujours choisi l’amour plutôt que le jugement

Contrairement aux lectures littérales et rigides de certains textes de l’Ancien Testament, l’enseignement de Jésus-Christ dans le Nouveau Testament incarne une transformation radicale du rapport à Dieu, aux autres, et à la Loi. Là où l’Ancien Testament prescrit des interdits rituels ou condamne certains comportements dans un cadre communautaire strict, Jésus place l’amour, la miséricorde, et la compréhension au centre de toute relation humaine.

1. Jésus n’a jamais condamné l’homosexualité

Dans les Évangiles, il n’existe aucun passage où Jésus parle d’homosexualité, ni pour la condamner, ni même pour la mentionner. Ce silence volontaire est significatif : Jésus vivait dans une société qui connaissait ces réalités ( Rien n’ est nouveau sous le soleil), et s’il avait voulu condamner l’homosexualité, il l’aurait clairement fait.
Son silence n’est pas une omission, mais une démonstration de priorité : il s’adressait d’abord au cœur, à la personne, pas aux pratiques sexuelles.

2. Jésus choisit toujours l’amour, même face aux lois anciennes

Jean 8:3-11 — La femme adultère :

« Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre. »

Quand une femme est amenée à Jésus pour être lapidée, selon la Loi de Moïse (Ancien Testament), Jésus refuse de condamner. Il ne nie pas la loi, mais il lui oppose la compassion, la conscience de sa propre humanité, et l’appel à une vie transformée. Ce passage désamorce complètement l’idée d’un jugement automatique ou légaliste.

Matthieu 22:36-40 — Le plus grand commandement :

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. (…) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. »

Jésus résume toute la loi y compris les prescriptions de l’Ancien Testament par l’amour. Cela signifie que tout ce qui n’est pas fondé sur l’amour du prochain et de soi-même devient suspect, voire contraire à l’esprit de l’Évangile.

Luc 6:37 :

« Ne jugez point, et vous ne serez point jugés ; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés ; absolvez, et vous serez absous. »

Ce passage détruit le réflexe religieux de condamner ou de rejeter. Jésus n’autorise personne à devenir un juge de la vie intime des autres, encore moins sur la base d’interprétations douteuses ou de versets sortis de leur contexte.

Matthieu 7:15-20 — Les vrais fruits :

« C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

La fidélité à Dieu ne se mesure pas à une orientation sexuelle, mais aux fruits produits dans la vie : amour, fidélité, bonté, humilité, service, paix.
Beaucoup de personnes homosexuelles mènent une vie pleine de compassion, d’engagement, de foi profonde. Qui peut dire qu’elles sont « contre nature » si leurs fruits sont bons ?

Romains 11:24, en contrepoint à Romains 1:26-27 :

Dans Romains 11:24, Paul dit que Dieu peut greffer une branche « contre nature » à l’arbre. Il utilise la même expression grecque para phusin que dans Romains 1, mais cette fois positivement. Cela démontre que « contre nature » ne signifie pas forcément « contre Dieu ». La volonté divine dépasse les normes humaines.

L’utilisation de Lévitique 18:22 aujourd’hui est contradictoire avec l’enseignement de Jésus :

  1. Jésus ne cite jamais Lévitique 18:22.
  2. Il transcende la loi mosaïque et refuse son application littérale quand elle nuit à l’amour du prochain.
  3. Il privilégie la guérison le jour du sabbat, il mange avec les pécheurs, il touche les lépreux, il parle aux femmes, il brise les tabous de son époque il met toujours l’humain au-dessus des règles.

Conclusion de ce point

Utiliser l’Ancien Testament pour condamner l’homosexualité tout en ignorant l’enseignement de Jésus, c’est trahir le cœur même de l’Évangile.
Le Christ appelle à l’amour, à l’humilité, à la compassion, et rejette les jugements hâtifs et la violence religieuse.
Une foi fidèle à Jésus-Christ ne peut pas cohabiter avec l’homophobie.
Elle doit être porteuse de justice, d’accueil, de paix et de vérité.

3. L’homophobie n’est pas un fruit de l’Esprit

Dans sa lettre aux Galates, l’apôtre Paul dresse un contraste clair entre les œuvres de la chair (issues de l’ego, de la peur, du péché) et les fruits de l’Esprit (les marques visibles d’une vie guidée par Dieu). Il écrit :

Galates 5:22-23 (Louis Segond)
“Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi ; la loi n’est pas contre ces choses.”

Ces neuf qualités sont les signes distinctifs d’une personne animée par l’Esprit de Dieu. Or, l’homophobie c’est-à-dire la peur, le mépris, ou la haine des personnes homosexuelles ne manifeste aucun de ces fruits. Bien au contraire.

L’homophobie produit tout le contraire des fruits de l’Esprit :

Fruit de l’EspritL’homophobie engendre plutôt…
AmourHaine, rejet, condamnation
JoieTristesse, humiliation, souffrance chez les victimes
PaixConflits, tensions familiales, divisions sociales
PatienceIntolérance, refus du dialogue
BontéMéchanceté, maltraitance, moqueries
BienveillanceSoupçon, violence verbale et physique
FoiDogmatisme aveugle, idolâtrie des traditions humaines
DouceurBrutalité, agressivité, rigidité
Maîtrise de soiExcès, fureur, appels à la violence

Une foi authentique ne peut pas produire l’exclusion ni la violence. Jésus dit lui-même :

Matthieu 7:16
“Vous les reconnaîtrez à leurs fruits.”

Un message ou un comportement qui engendre la haine, le rejet ou la peur n’est pas inspiré de Dieu, même s’il cite la Bible.

L’homophobie est souvent déguisée en “zèle pour Dieu”

Beaucoup de personnes qui se disent croyantes justifient leur homophobie au nom de Dieu. Mais ce zèle n’est pas sanctifié. La violence religieuse n’a jamais été un signe de fidélité biblique c’est une perversion du message divin.

1 Jean 4:20
“Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur.”

Quand un chrétien dit “Je hais les homosexuels parce que j’aime Dieu”, il ment non seulement à Dieu, mais aussi à lui-même.

Le rejet n’est pas un acte de foi, mais une offense au cœur même de l’Évangile

Jésus a passé sa vie à accueillir ceux que la religion rejetait : femmes adultères, collecteurs d’impôts, lépreux, étrangers… Il a choisi l’amour plutôt que la pureté sociale ou religieuse.
L’homophobie, elle, fait l’inverse : elle trie les gens, elle expulse, elle condamne, elle piétine la grâce au nom de la morale.

Conclusion de ce point

Aucune violence n’est inspirée par le Saint-Esprit. Aucune haine ne peut être justifiée au nom de Jésus.
L’homophobie n’est pas un fruit de l’Esprit, c’est une œuvre de la chair. Elle ne vient ni de Dieu, ni de l’amour, ni de la vérité. Elle vient de la peur, de l’ignorance, et de l’orgueil religieux.

Si l’on veut vivre selon l’Esprit, on ne peut pas rejeter son prochain.

4. Et si on arrêtait de juger ce qu’on ne comprend pas ?

En République Démocratique du Congo comme ailleurs, il est frappant de constater que la majorité des personnes qui rejettent l’homosexualité n’ont jamais réellement écouté, discuté ou partagé un moment sincère avec une personne homosexuelle. Leur jugement repose souvent sur des paroles entendues à la radio, au culte ou dans leur entourage des propos souvent violents, déformés ou simplistes.

On répète alors, comme un slogan appris par cœur :

« C’est contre nature »,
« Ce n’est pas biblique »,
« C’est un esprit impur »,
sans jamais avoir pris le temps de comprendre ce qu’est vraiment l’homosexualité, ni ce que vivent ceux qui la portent en silence.

Pourtant, dans Matthieu 22:39, Jésus est clair :

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Il ne dit pas :
✖ « sauf s’il est homosexuel »,
✖ « sauf s’il est différent »,
✖ « sauf s’il dérange tes habitudes ».

Non. Il dit : TON PROCHAIN.
Sans conditions. Sans exclusions.

Refuser l’amour à quelqu’un simplement parce qu’il ou elle est lesbienne, gay, bi ou trans, ce n’est pas de la foi, de l’ignorance, de la désobéissance à l’Évangile.

Beaucoup se croient justes parce qu’ils s’opposent à l’homosexualité, pensant ainsi défendre Dieu. Mais Dieu n’a jamais demandé la haine pour défendre son nom. Il a demandé l’amour, la justice, la miséricorde. (Michée 6:8)

En fin de compte, ce ne sont pas les personnes LGBT qui sont loin de Dieu. Ce sont les cœurs durs, les oreilles fermées, les bouches pleines de jugements sans compassion.

Conclusion : Dieu n’a pas créé l’homophobie

Dieu n’a pas créé la haine.
Il n’a pas insufflé la vie à ses enfants pour qu’ils soient rejetés, insultés ou battus à cause de leur orientation.
Il n’a pas mis des lesbiennes, des gays, des personnes trans sur cette Terre pour qu’ils soient humiliés simplement parce qu’ils aiment autrement.

L’homophobie n’est pas un fruit de l’Esprit.
Elle ne vient ni de Dieu, ni de l’amour, ni de la sagesse.
Elle vient de la peur, de l’ignorance, des traditions humaines, et parfois même de manipulations religieuses ou politiques.

Si tu crois vraiment en Dieu, alors demande-toi ceci :

  1. Est-ce que je défends Dieu, ou est-ce que je défends mes préjugés ?
  2. Est-ce que je combats le péché, ou est-ce que je fais du mal à des innocents ?
  3. Est-ce que mon rejet construit ou détruit ?

Car Jésus ne t’a jamais appelé à rejeter.
Il a dit :

Parce que Dieu est amour. Pas rejet. Pas honte. Pas violence.
Et chaque fois que tu choisis la haine, tu t’éloignes de Lui.

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10 commentaires

  1. Eh eh eh, eloko ya mabe na bomoi na ngai, ndenge nini okoki kozwa saint Bible mpo na kolakisa mabe oyo, hein??????

    #mutamba bantu na yo baza awa

  2. C’est vraiment décevant de voir une telle confusion sur l’identité ; je ne comprends pas comment on peut défendre cette orientation, car cela va à l’encontre des valeurs traditionnelles que nous avons toujours eues. Cela crée plus de divisions que d’unité.

  3. Tes publications sont immorales , sataniques 🚮🚮🚮
    Nos autorités congolaises et nos lois congolaises ne vous protège pas. ❌❌❌❌❌
    On ne vas pas te laisser faire.🔫🔫
    Nous allons te manger crue.🤬

  4. L’immoralité sexuelle est contraire à la Bible que vous utilisez pour défendre votre cause, Madame ! Même votre Créateur est contre vos voies obscures. Changez… Si vous ne tenez pas à votre vie, confiez-la à Christ. Et rien qu’en regardant les commentaires sous vos publications, n’avez-vous pas peur ? Des gens menacent de vous violer, de vous torturer et vous n’avez pas peur ?

  5. Je pense que tu as bien peser les conséquences de tes publications. Nous sommes à ta recherche. Nous allons te violer et te tuer. Tu es ensorcelée ou comment ?

  6. Dès que nous mettrons la main sur toi, nous allons te livrer aux autorités congolaises. Il faut une sanction sévère à la propagandiste A. Kyembe lesbienne.

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