Témoignage lesbien 2

Je suis née à Kinshasa, cette ville effervescente qui bouillonne de vie. Mon histoire commence avant moi, dans le cœur de ma mère, la troisième d’une fratrie de six. Elle n’avait que 17 ans quand elle s’est retrouvée enceinte, sous le toit familial. Le père, lui, a renié mon existence, et cette histoire a déchiré les familles, créant une cicatrice profonde. Malheureusement, ma mère n’a pas survécu à ma naissance.
Je n’ai donc jamais connu les bras de ma mère. C’est ma grand-mère maternelle, veuve à cette époque, qui m’a élevée. C’est elle qui est devenue tout pour moi : mère, père, guide, roc. Je l’appelais maman, parce que c’est ce qu’elle était devenue sans le dire. Elle portait toute la maison sur ses épaules, vendant au marché du matin au soir pour subvenir à nos besoins. Je ne l’ai jamais vue se plaindre. Elle faisait ce qu’il fallait.
J’ai grandi dans cette famille comme la cadette entourée d’un amour inconditionnel . Mes deux tantes, avant de partir vivre dans leurs propres ménages, ont aussi été très présentes. Mais ce sont surtout mes oncles, les petits frères de ma mère, avec qui j’ai le plus partagé. Ils étaient mes complices, mes repères, mes frères et mes amis. On traînait ensemble tout le temps. Ma grand-mère, courageuse et travailleuse, vendait au marché ; elle partait aux aurores et ne rentrait que tard le soir, portant seule le poids de toute la famille. C’était avec eux que je passais mes journées, dans les ruelles du quartier, sur les terrains vagues, ou chez les voisins.
Je ne saurais dire quand exactement mon comportement « masculin » a commencé. Certains diraient que c’est parce que j’ai été élevée au milieu de garçons, que j’ai été influencée. Mais moi, je n’y crois pas. J’ai toujours été comme ça. Dès toute petite, je me sentais bien quand je jouais aux jeux dits “masculins” : le foot, les courses, les bagarres de rue. Il y avait des filles dans notre parcelle, bien sûr, mais leurs jeux à elles ne me parlaient pas. La dînette, les poupées… je trouvais ça fade, sans intérêt. Ce n’était pas mon univers.
C’est avec mes oncles que j’ai appris à shooter dans un ballon , à dribbler, à ne pas avoir peur de tomber. Petit à petit, je suis devenue douée, très douée. Pour mes jeunes oncles, c’était une immense fierté de m’emmener avec eux. Je ne jouais qu’avec des garçons ; Des petits, des moyens, des grands, comme mes oncles parce que c’était rare de voir des filles sur nos terrains improvisés. C’était inhabituel, ça étonnait tout le monde, et moi, je me sentais la plus heureuse .J’aimais casser les codes sans savoir que je le faisais. Je me sentais vivante, libre, comprise. Je ne vous mentirai pas, mon enfance a été l’une des plus joyeuses.
Je crois que mon plus beau souvenir d’enfance, c’est la fête de Nouvel An 2009. J’avais six ans. L’un de mes oncles m’avait emmenée acheter des vêtements pour la fête. Et c’est ce jour-là que je lui ai demandé mes tout premiers habits « de garçon ». Un pantalon, une chemise, des chaussures fermées. Je les ai essayés, et dans le miroir, je me suis reconnue pour la première fois. Ce n’était pas un déguisement. C’était moi. C’était comme rentrer chez soi après un long voyage.
Quand nous sommes rentrés, ma grand-mère a voulu voir ce que nous avions acheté avec l’argent qu’elle nous avait donné. Elle a remarqué que c’étaient des vêtements de garçon. Sa réaction ? Elle a été étonnée, mais pas désagréablement. Elle a même ri, comme si c’était une farce que nous lui faisions. Le jour de la fête, tout le quartier, toute la famille, m’a vue habillée « en garçon ». Pour beaucoup, la réaction fut la même que celle de ma grand-mère, entre amusement et surprise. D’autres n’ont rien dit. Certains ont même pensé que nous manquions d’argent pour m’acheter des vêtements de fête, et une personne de la famille éloignée nous a donné ce qu’elle pouvait… des vêtements pour garçons. D’autres encore ne trouvaient pas cela « esthétique », encore moins « moral » : une femme doit rester une femme, et féminine. Mais j’étais trop jeune, et surtout trop heureuse, pour comprendre tout cela.
Et c’est ainsi que, à partir de ce jour de 2009 et jusqu’à aujourd’hui, en 2025, je m’habille comme un garçon. C’est ma peau, mon identité visible, et c’est le point de départ de tout ce qui a suivi.
Les années ont passé, et avec elles, l’enfance s’est doucement estompée pour laisser place à la puberté. La puberté, c’est ce moment étrange où tout change, où votre corps se transforme, et où le regard des autres devient plus pesant. C’était une période étrange. Mon corps changeait, se transformait, mais au fond de moi, je restais la même. Je me sentais plus à l’aise dans mes vêtements « de garçon », et mon comportement, ma manière d’être, restait résolument la mienne. Pour moi, cette période a été un mélange d’évolution personnelle et d’une prise de conscience grandissante de ma différence. Alors que les autres filles autour de moi commençaient à se tourner vers des conversations sur les garçons, la mode féminine, et des jeux qui m’avaient toujours ennuyée, je me sentais de plus en plus décalée. Je n’étais pas intéressée par ce qui les passionnait. Mon cœur battait toujours pour le football, pour la liberté de mouvement, pour l’adrénaline du jeu.
C’est aussi à cette époque que certains commentaires ont commencé à surgir. Des commères, avec leurs chuchotements et leurs regards insistants, ont commencé à murmurer un mot que je ne connaissais pas : « lesbienne ». Elles le disaient avec une intonation qui laissait entendre que c’était quelque chose de mal, de honteux. J’étais jeune, ce terme m’était totalement étranger, et je ne comprenais pas ce que cela signifiait, ni pourquoi il était associé à ma façon d’être. On cherchait à me faire sentir mal à propos de ma masculinité, de mon style vestimentaire, de qui j’étais profondément. C’était blessant, déroutant, et je sentais une certaine pression m’enjoindre à changer, à devenir « plus femme », « plus fille ».
Mais au milieu de ces turbulences, il y avait un roc, une ancre : ma famille. Jamais, au grand jamais, je n’ai ressenti le moindre jugement de leur part. Dans ma maison, j’étais aimée, acceptée, et je me sentais une partie intégrante, irremplaçable, de ce noyau. Ma grand-mère et mes oncles n’ont jamais remis en question ma façon d’être, mon style. Cet amour inconditionnel a été ma forteresse, ma bulle de protection contre les bruits du monde extérieur.
Vers l’âge de 13 ans, ma passion pour le football a pris une véritable bénédiction. J’ai eu l’opportunité d’intégrer une petite équipe de football féminin. Et là, c’est comme si j’avais trouvé ma deuxième famille. Pour la première fois de ma vie en dehors de ma maison, je me suis sentie comprise, acceptée. Ces filles, elles étaient comme moi. Elles ne me regardaient pas avec des yeux interrogateurs, ne cherchaient pas à me changer. Elles voyaient juste la joueuse, la passionnée, la sœur de terrain.
Sur le gazon, les jugements extérieurs s’évanouissaient. La balle, le jeu, la stratégie, la complicité avec mes coéquipières… tout prenait le dessus. Je progressais à une vitesse folle, mon talent s’épanouissait dans cet environnement bienveillant. Mais au-delà du sport, ce sont des liens d’une force incroyable qui se sont tissés entre nous. Une vraie sororité. Nous partagions nos joies, nos peurs, nos rêves. Elles sont devenues mes confidentes, celles avec qui je pouvais baisser ma garde, être entièrement moi-même sans crainte d’être incomprise ou rejetée. Cette équipe, c’était plus qu’un club de foot ; c’était un refuge, un havre de paix où ma différence n’était pas un problème, mais simplement une part de moi, acceptée et célébrée. Elles m’ont montré que je n’étais pas seule, et que d’autres femmes existaient, vivaient et s’épanouissaient en dehors des normes imposées.
Au fil des années passées sur le terrain, entourée de mes coéquipières, une nouvelle sensation a commencé à grandir en moi, douce et insidieuse. Mes amitiés se sont faites plus profondes, plus intenses. Je me sentais bien avec ces filles, vraiment bien, d’une manière différente de ce que je ressentais pour mes oncles ou pour ma famille. C’était une attirance subtile, un désir d’être plus proche, de partager plus que des passes et des victoires. Mon cœur a commencé à vibrer d’une façon inconnue, une mélodie silencieuse qui ne s’accordait pas avec les histoires d’amour « traditionnelles » que j’entendais autour de moi.
Et puis, elle est apparue. Je ne sais plus exactement quand ni comment cette connexion est devenue si évidente, mais elle l’est devenue. Une de mes coéquipières, une fille avec un sourire qui éclairait le terrain et des yeux qui semblaient comprendre tout de moi sans que je n’aie à dire un mot. Mon premier amour. Ce n’était pas un coup de foudre bruyant, mais une lente et inévitable floraison. Chaque regard échangé, chaque geste de soutien sur le terrain, chaque conversation après l’entraînement, tout prenait une dimension nouvelle, plus profonde, plus chargée d’émotion.
C’est là que j’ai commencé à comprendre ce que ce mot, « lesbienne », pouvait signifier. Non pas une insulte, mais une identité, une façon d’aimer. Mon corps réagissait différemment en sa présence, mon esprit ne pensait qu’à elle. C’était une évidence bouleversante. Nous nous sommes rapprochées, nos cœurs battant à l’unisson, mais toujours dans l’ombre, à l’abri des regards. Notre amour est devenu notre secret le plus précieux, un trésor caché que nous devions protéger à tout prix de la dureté de notre réalité kinoise.
Vivre cette relation en secret était à la fois enivrant et déchirant. Chaque moment volé, chaque rire partagé, chaque main effleurée loin des regards était un acte de défi. Nous avons appris à communiquer sans un mot, à nous comprendre d’un simple regard. Ce premier amour m’a ouvert les yeux sur la beauté et la profondeur de mes propres sentiments, mais il a aussi accentué la peur grandissante d’être découverte. Savoir que notre bonheur pouvait être brisé à tout moment par l’intolérance de la société, par les jugements et la violence, a transformé chaque instant de joie en une douce angoisse.
Pourtant, au milieu de tout cela, il y avait ma famille. Ils ne m’ont jamais embêtée, jamais posé de questions directes. Il n’y a jamais eu de conversations ouvertes sur le sujet, mais je suis sûre qu’ils savent. Peut-être le perçoivent-ils, ou le devinent-ils, mais leur amour pour moi n’a jamais faibli. Leur silence n’est pas un jugement, mais une forme de protection, une acceptation tacite qui me procure un réconfort immense. Cet amour familial inconditionnel est mon pilier, un contraste frappant avec l’hostilité du monde extérieur. Et même si la peur est immense, elle ne peut éteindre la flamme de ce que je ressens pour elle. Cet amour, c’était la preuve que j’étais capable d’aimer, et que cet amour, même s’il était différent, était tout aussi vrai et puissant.
Après cette période heureuse avec mon équipe de foot, la vie m’a offert d’autres choses belles, discrètes, intenses. J’ai connu d’autres filles, d’autres amours. Des relations courtes parfois, d’autres plus profondes, mais toujours dans cette même atmosphère cachée, protégée, presque clandestine. Ces filles, comme moi, avaient cette flamme à l’intérieur, ce besoin d’aimer autrement, librement, mais elles aussi savaient ce que cela voulait dire dans un pays comme le nôtre.
Nous n’avons jamais vraiment eu le luxe de vivre ces relations à visage découvert. Tout devait se faire dans l’ombre. Un regard, un message, un rendez-vous arrangé discrètement. Et pourtant, dans ces moments-là, je me sentais vivante. Exister, c’était aimer. Et aimer, même en secret, me redonnait foi en moi-même, en mon corps, en mes choix.
Mais aujourd’hui, tout cela a changé.
L’homophobie est devenue plus qu’un bruit de fond dans nos rues. C’est un grondement sourd qui fait trembler les murs. Une peur qui prend la gorge et qui te suit même dans ton sommeil. Depuis la promulgation de cette loi injuste, violente, signée de la main de Constant Mutamba, c’est comme si une chasse à l’être humain avait été officiellement ouverte.
Je ne parle plus à personne dans la rue, même pas à une fille qui me plaît. j’ai peur qu’en avouant mes sentiments à une fille qu’ elle me dénonce . Et je le sais : les conséquences seraient terribles.
Alors je m’enferme je suis très mal à l’ aise. Je n’ose plus sortir. Je suis très mal à l’ aise. Mais parce que mon apparence, mon style masculin, ma démarche, ma voix, tout en moi est une cible. . Je ne veux même plus me disputer avec qui que ce soit, même pour une petite histoire insignifiante , parce que je sais qu’on n’aurait qu’à crier “lesbienne ” pour que tout bascule. Et que là, dans la foule je me fasse agresser.
Quand je suis obligée de sortir,je prends toutes mes précautions. Je porte ma vareuse de footballeuse, je prends ma carte de membre de l’équipe, comme une protection, un camouflage. C’est triste à dire, mais c’est ce qui me permet parfois d’échapper à un mauvais sort. Parce que dans l’imaginaire des gens, une footballeuse, même masculine, c’est “normal”. Mais une lesbienne, c’est “le diable”.
Je monte sur une moto du point A au point B, sans détour. Je ne marche pas dans la rue, je ne traîne pas. Je vais là où je dois aller et je reviens vite. Je vis comme une clandestine dans ma propre ville.
Sur les réseaux sociaux, je ne publie presque plus rien. J’évite les photos, les commentaires, même les “j’aime” sur certains postes. Parce qu’aujourd’hui, une mauvaise compréhension de tes postes , même si ce n’ est pas dans l objectif de créer une polémique , ils le prendront dans leur sens , ils y verront une provocation car nous les congolais certaines fois nous avons une compréhension compliquée . J’utilise les réseaux sociaux très rarement.
Aimer ne devrait pas être un crime
Au peuple congolais, je voudrais d’abord dire ceci : je suis votre fille, votre sœur, votre voisine, votre amie. Je suis née ici, j’ai grandi ici, j’aime ce pays malgré tout ce qu’il me fait endurer. Je ne suis pas un danger. Je ne suis pas une menace. Je suis simplement une femme qui aime d’autres femmes, et cela ne m’enlève ni ma dignité, ni mon humanité. Ce n’est ni une maladie, ni une mode importée. C’est juste moi, dans ma vérité.
À vous, Monsieur Constant Mutamba, je veux vous parler non pas avec haine, mais avec le cœur d’une citoyenne brisée. Votre loi m’a volé ma liberté de marcher dans les rues, ma paix intérieure, et ma sécurité. Mais elle n’a pas tué mon humanité. Vous pensez défendre la culture congolaise, mais aucune culture ne mérite d’écraser ses enfants pour se faire respecter. Vous parlez de morale, mais quelle morale emprisonne l’amour et justifie la haine ? Un jour, peut-être, vous comprendrez que vous avez fait du mal à des innocents, simplement parce qu’ils aiment autrement. Ce jour-là, j’espère que votre cœur se souviendra de nous.
Et à mes sœurs lesbiennes congolaises, celles qui souffrent en silence, celles qui ont peur, celles qui n’en peuvent plus : vous n’êtes pas seules. Même enfermée, même réduite au silence, je pense à vous. Je vous vois. Je vous ressens. Chaque jour où vous survivez, vous êtes courageuses. Chaque jour où vous aimez malgré tout, vous êtes puissantes. Un jour, j’en suis certaine, nous pourrons aimer librement et marcher dans ce pays la tête haute, sans devoir cacher nos visages. D’ici là, restons debout, même dans l’ombre. Notre existence est déjà un acte de résistance.
On n’aime pas ça ❌❌❌❌❌❌❌❌❌❌❌
Autrefois, des gens comme vous étaient brûlés vifs. Aujourd’hui, vous vous sentez même libre d’écrire ouvertement sur des choses aussi répugnantes. L’Afrique n’acceptera jamais ces absurdités, soyez prévenus.
Toi et tes amis stupides devriez rester cachés, c’est mieux, sinon vous risquez d’être tués, Hein. En RDC, ces choses-là ne sont pas acceptées.
Prévenez vos amis que si nous vous attrapons, nous allons vous amener à servir d’esclaves sexuels à nos frères qui mènent le vrai combat à la guerre.
Aimée KYEMBE, saches que tu t’es mise à découvert, et cela va te coûter la vie. Retiens ceci : la population congolaise te cherche jour et nuit, nous allons te lapider. Nous n’acceptons pas qu’une personne contribue à depraver nos mœurs. Nos valeurs culturelles et morales sont sacrées.
Tu te trompes Aimée.
Ne penses pas que nous allons te laisser tranquille.
Tu es déjà recherchée . Tu seras sévèrement châtiée.
Nous demandons aux autorités civiles, militaires et policières ainsi qu’à toute personne qui a des renseignements sur l’endroit où se cache kyembe Aimee de arrêter et de punir en appliquant la rigueur de la loi. Elle est entrain de faire la dépravation des moeurs, d’attenter à la pudeur.
En Afrique ni encore moins en RCD on peut tolérer ce type d’individu, tu peux être agresser à tout moment, et t’ose t’afficher de cette manière les autres se cachent parcequ’elles savent que cette voie est tabou du point de vu de la société , tu viens de mettre ta vie en un danger véritable.
Tu viens de bouleverser la suite de ta vie avec ce choix mademoiselle
Nous sensibisons les jeunes pour porter plainte contre toi.
Le jour où on va ramasser pour aller répondre devant la justice, c’est jour là tu vas chiller. Aimée !!!!!
Toi mais , un jour c’est un., on va t’arrêter, te tabasser à mort.
Yoza niama oko détruire genèse congolaise tu mérites une pendaison zoba
Naza na groupe kuluna si les autorités ne donnent pas la sentence que mérites nous groupe kuluna toko boma yo na ya bango
Bulllshiiiiiit mavia Yako